Thomas Allen entre “Cut up” et détournement visuel

Thomas Allen entre “Cut up” et détournement visuel

Thomas Allen est un bien étrange artiste qui combine, au travers de l’art du détournement, la photo et l’illustration… ou plutôt des parties d’illustrations récupérées dans des livres, découpée, remise en scène et en perspective pour re/composer des images originales.

Le travail de Thomas Allen est en fait une sorte de méta-collage, qui va au-delà de l’assemblage et de la superposition d’éléments graphiques. Il agence chaque fragment récupéré avec des jeux d’ombres et des flous qui reconstituent la perception du volume; il travail des angles de vue (très photographiques) qui rajoutent du contexte et du sensible; il recompose un récit avec des bout d’une autre histoire. La magie de Photoshop opère ici comme une réinvention permanente.

Thomas Allen

“The woman who died a lot”, de Jasper Fforde, Penguin, 2012.

Autre aspect particulièrement intéressant de cette démarche, le travail de l’altération. En particulier celle du livre comme objet. Allen n’hésite pas, si nécessaire à découper, tailler, creuser dans les couvertures ou les pages de livres pour en extraire la matière brute qui rend possible la création de nouvelles images.

Le livre est d’ailleurs, de façon symptomatique, et presque systématique, tout à fait omniprésent dans ses images. Comme support, comme socle, ou comme élément du décor… mais aussi comme trace de sa propre “mutilation” sublimée.

Thomas Allen

Opposition, 2012, recherche personnelle.

Thomas Allen a évidement illustré de nombreuses couvertures de livres. Il est aussi régulièrement publié dans la presse aux Etats Unis (The Atlantic, The Wall Street Journal, Harper’s, entre autre) et son travail a fait l’objet de plusieurs expositions comme Beautiful Evidence, à la gallery Folley de New York, en septembre 2012, ou encore au centre d’art Ida de Seoul, en Corée, en avril 2013.

Mais ce que je trouve le plus admirable, c’est qu’il garde une capacité à répondre à la commande de l’illustration de presse, pour mettre au service d’un sujet rédactionnel son immense capacité et imagination de recyclage visuel.

Thomas Allen

Illustration pour “O Magazine”, 2008.

Thomas Allen

Illustration pour “O Magazine”, 2008.

Références

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