Une très légère révolution graphique au “New Yorker”

En septembre 2013, The New Yorker changeait de graphisme aussi bien pour sa version imprimée que pour le web. En fait, pas franchement une nouvelle formule, mais un “rafraichissement” du design graphique, suivant les termes mêmes de la rédaction. Cela faisait 13 ans que rien n’avait bougé du côté du design de ce magazine.

Dans cette vidéo, produite par le The New Yorker pour promouvoir l’événement, on voit en particulier Wyatt Mitchell, le directeur de la création du magazine, qui parle du processus de conception, et du travail sur la police Irvin, utilisée pour le logo et certaines têtières, et si caractéristique de l’identité du New Yorker, qui a été elle aussi “rafraichie” à cette occasion.

La police Irvin a été crée en 1925 par Rea Irvin, le premier directeur artistique du The New Yorker, qui a aussi inventé et dessiné “Eustace Tilley”, le personnage au monocle qui sert de symbole au magazine.

Pour créer sa fonte, Rea Invin s’était inspiré de textes présents dans les illustrations d’un livre, publié en 1915, Journeys to Bagdad. On raconte qu’en fait il avait dans un premier temps contacté Allen Lewis, l’auteur de celles-ci, pour qu’il dessine un alphabet complet. Mais Lewis ayant refusé la proposition, c’est Rea Irvin qui dessina lui-même la police.

La rédaction a contacté, Ben Kiel de la fonderie House Industries pour qu’il retravaille et modernise le dessin de la fonte. « Elle n’a pas été entièrement redessinée. C’est quelque chose de différent. Je crois qu’elle est résolument dans l’esprit du magazine. »

Ce fut ainsi l’occasion de l’enrichir avec quelques ligatures et couples de caractères qui, d’après Wyatt Mitchell, était déjà présents dans les dessins originaux de Rea Irvin, mais n’avaient pas été inclus à l’époque dans la fonte.

Autre changement, l’arrivée aussi d’une nouvelle fonte, une sans sérif nommée Neutraface, et créée par Christian Schwartz en 2002. « Dans notre univers qui est toujours marqué par un esprit Art Déco, la Neutraface, nous permettait d’utiliser une nouvelle fonte qui ne semble pas déplacée ou trop éloignée de notre tradition graphique » (Wyatt Mitchell dans Gizmodo).

The New Yorker's Irvin

Merci à Nicolas Queffelec pour m’avoir signalé cette information.

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