Opera de Pekin

Opera Home Page

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, Opera est un navigateur web « alternatif », offrant toute une série de fonctionnalités sympathiques et novatrices… Opera se décline en plusieurs versions, dont Opera Mini destiné aux téléphones mobiles, qui propose en particulier d’accélérer la navigation sur le Web par une méthode de « mise en cache ». Un mécanisme de compression et de copie locale des pages qui fait que, lorsque vous consultez une page Web, vous la récupérez directement depuis les serveurs d’Opera. La page, censée être optimisée pour la navigation mobile, se charge donc plus rapidement.

Cette fonctionnalité sympathique, et pour le moins pratique, permettaient au passage aux internautes chinois de surfer sur l’Internet sans censure, puisque le trafic mobile était directement géré par Opera Software, via des installations situées hors de Chine, échappant ainsi au gigantesque mécanisme de filtrage de l’Internet mis en place par l’Etat chinois.

Autant dire que le navigateur Opera Mini est vite devenu un must dans l’Empire du milieu…

Fin novembre fin de partie : les utilisateurs chinois d’Opera Mini se sont vu proposés une mise à  jour de leur logiciel… qui désormais utilise dans sa nouvelle version une infrastructure de mise en cache chinoise. Et du coup nos braves mobinautes chinois se sont vu de nouveau soumis à  la très stricte censure imposée par le pouvoir. C’est ce que les dirigeant de la société norvégienne Opera Software appellent, sans rire, « améliorer l’expérience utilisateur ». En d’autres termes, pour nos braves entrepreneurs le passage par des serveurs situés en Chine impliquerait surtout « une vitesse de surf plus rapide, des coûts réduits et une navigation globalement plus agréable ». à voir.

Après Google, Yahoo! (et bien d’autres), c’est donc Opera qui se couche devant la menace de se voir interdire l’accès au gigantesque marché chinois… Ce qui relativise largement la portée du slogan qui trône en page d’accueil du site d’Opera: « Imaginez le futur ». Je n’ai effectivement aucun mal à  l’imaginer.